Dossier Ergonomie & Santé au Travail

Assis huit heures par jour.
Votre corps encaisse.

L’ergonomie au bureau est devenue un enjeu de santé publique. Le corps est fait pour le mouvement. Et le mouvement fait le corps. Tendinites, lombalgies, syndrome du canal carpien, tensions cervicales… Les troubles musculo-squelettiques sont devenus la première maladie professionnelle en France. Décryptage et solutions par Simon Israël Sellam D.O., ostéopathe à Paris.

Lecture 12 minutes
Catégorie Santé au travail
Auteur Simon Israël Sellam D.O.
Cartographie · Bureau Sédentaire
07 Zones critiques
72 BPM
Préambule

L’ostéopathie s’occupe de ces petits soucis qui nous fragilisent au quotidien.

On les ignore d’abord parce qu’on s’y habitue. On les minimise. La raideur dans la nuque du lundi matin, et puis le poignet qui tire un peu fort en fin de journée ou le bas du dos qui pèse et qu’on sent fragile quand on change de position. Puis un jour, cette douleur s’installe vraiment sourde, persistante, invalidante. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont aujourd’hui la première cause de maladie professionnelle reconnue en France[10,11], et l’assise prolongée en est l’un des facteurs déclencheurs principaux.

La sédentarité au bureau combine deux fauteurs de troubles silencieux : l’immobilité posturale et le manque d’hydratation qui assèchent les tissus, raccourcissent les chaînes musculaires et grippent les articulations[3,12] ; et le stress chronique qui cristallise les tensions sur les épaules, la nuque, la tête, et bloque le diaphragme en entretenant l’inflammation. Le résultat : douleurs, raideurs, impression de maladresse, perte de force. Si rien n’est fait, les TMS deviennent chroniques et le handicap durable[2].

La bonne nouvelle : on peut agir en amont. L’ostéopathie est une alternative de choix dans le suivi, l’accompagnement et le traitement de ces troubles[4,6]. Voici comment :

Le constat chiffré

Des chiffres qui nous concernent tous.

0%
des maladies professionnelles reconnues sont des TMS[10]
0h
temps moyen passé assis chaque jour par un actif au bureau[3]
1/2
salarié déclare une douleur lombaire au moins une fois par an[15]
+0%
de risque de lombalgie chez les sédentaires sévères[3]
Cartographie

Les sept troubles à surveiller au bureau.

De la base du crâne jusqu’aux genoux, le travail prolongé en position assise sollicite et fragilise les chaînes articulaires et musculaires. Une bonne ergonomie au bureau est la première ligne de défense face à ces troubles. Voici les pathologies les plus fréquemment rencontrées en cabinet.

Infographie médicale : cartographie des troubles musculo-squelettiques liés à l'inactivité au bureau tension cervicale, tendinite de la coiffe des rotateurs, épitrochléite, épicondylite, tendinite des mains et doigts, syndrome de la loge de Guyon, syndrome du canal carpien, lombalgie et hygroma du genou
Cartographie complète des zones à risque chez l’actif sédentaire — illustration médicale de référence.
01

Tension cervicale

Douleur au niveau du cou, souvent irradiante vers les épaules et l’arrière du crâne. Conséquence directe d’une tête projetée vers l’avant pendant des heures, le regard accroché à l’écran de l’ordinateur.

Cou · Trapèzes
02

Tendinite de la coiffe des rotateurs

Inflammation des tendons de l’épaule entraînant des douleurs et limitant le mouvement. La saisie de la souris avec la main, le coude et l’épaule crispés y contribuent.

Épaule
03

Épitrochléite & épicondylite

Inflammation des tendons fléchisseurs et extenseurs au niveau du coude. Déclenchées par les microtraumatismes dûs aux mouvements répétés au clavier et à la souris.

Coude · Avant-bras
04

Tendinite des mains et doigts

Inflammation des tendons et de leurs gaines, provoquant des douleurs dans le poignet et l’avant-bras. Signature de la surutilisation du clavier et du smartphone.

Poignet
05

Syndrome du canal carpien

Compression du nerf médian dans le canal carpien provoquant engourdissement et douleurs des trois premiers doigts. Aggravé par des poignets en hyperextension.

Poignet · Main
06

Syndrome de la loge de Guyon

Compression du nerf ulnaire au niveau du poignet, qui peut provoquer un engourdissement des deux derniers doigts. Lié à un mauvais appui prolongé du poignet sur le bureau.

Poignet · Main
07

Lombalgie

Douleur musculo-squelettique localisée dans la colonne lombaire. Première cause d’arrêt de travail en France, alimentée par la position assise prolongée avec un dos rond malpositionné qui favorise dans le temps les problématiques de discopathies, voire de hernies discales.

Bas du dos
08

Hygroma du genou

Inflammation de la bourse séreuse provoquant douleur et gonflement à la face antérieure du genou. Plus rare au bureau, mais possible chez des profils ultra-sédentaires.

Genou
« Scène de cabinet

La position assise prolongée concerne aujourd’hui plus de 80% des actifs du tertiaire dont 9 sur 10 développeront un TMS au cours de leur carrière.

Le corps a besoin de la lumière du soleil, de respirer, d’eau et de mouvement. Passer sa vie sur une chaise favorise la déshydratation et la perte d’élasticité des fascias et des articulations.
Simon Israël Sellam, Ostéopathe D.O.
Le corps comme un tout CRÂNIEN CERVICAL ÉPAULES COUDES POIGNETS LOMBAIRE GENOUX homéostasie ÉQUILIBRE FONCTIONNEL
L’approche ostéopathique

Restaurer l’équilibre, c’est traiter la douleur.

L’ostéopathie ne traite pas un symptôme isolé. Elle s’intéresse au corps dans son entier : fascias, articulations, viscères, système nerveux et émotionnel sont interconnectés. En cabinet, je travaille en profondeur sur l’homéostasie : la capacité naturelle du corps à maintenir son état d’équilibre fonctionnel[4,5].

Concrètement, cela signifie : identifier la cause des dysfonctions (et non pas seulement la zone qui fait mal), libérer les blocages et redonner aux tissus leur mobilité pleine et entière. Plus votre corps est mobile, plus il est résilient face aux contraintes de productivité, au stress et à l’intensification du rythme de travail[6,8].

1.

Diagnostic global

Évaluation complète du schéma postural dysfonctionnel : système ostéo-articulaire, chaînes musculaires, tensions viscérales et sphère crânienne.

2.

Traitement manuel ciblé

Techniques structurelles, fonctionnelles, crâniennes et viscérales adaptées à votre profil et à vos contraintes. Pas de protocole standard : un traitement sur mesure.

3.

Action sur le stress

Travail sur le diaphragme, le système neurovégétatif et la sphère crânienne pour relâcher les tensions de fond qui entretiennent les TMS. Casser l’état d’alerte et d’hypervigilance, orthosympathique, c’est casser l’activation musculaire qui tient le schéma de décompensation.

4.

Prévention & autonomie

Conseils ergonomiques, exercices et hygiène posturale personnalisés pour que les bénéfices de la séance durent dans le temps et que l’intégration se fasse en suite de consultation.

Avant / Après

Glissez pour comparer.

Deux postures, le même bureau. Faites coulisser le curseur de gauche à droite pour observer le basculement entre l’effondrement progressif du corps assis et l’alignement physiologique recherché.

Posture effondrée
TÊTE PROJETÉE DOS ARRONDI PIEDS EN L’AIR
Posture alignée
REGARD HORIZONTAL DOS ALIGNÉ ASSIS AU MILIEU JAMBES À 90° PIEDS À PLAT
← Glissez →
À éviter

Posture effondrée

  • Tête projetée vers l’avant
  • Dos rond (cyphose)
  • Ventre tassé par un diaphragme inefficace
  • Activation du haut du corps qui surcompense
  • Problèmes digestifs
  • Jambes croisées
  • Pieds non posés au sol
À viser

Posture alignée

  • Regard horizontal
  • Dos qui respecte ses courbures naturelles
  • Bras au repos
  • Épaules relâchées
  • Position en ouverture
  • Diaphragme libre
  • Pieds à plat sur le sol
Prévention au quotidien

Dix réflexes d’ostéopathe au bureau :

Aucun fauteuil ergonomique n’égalera jamais le mouvement[1,7]. Voici dix gestes simples validés en cabinet pour préserver votre corps, même en horaires de bureau soutenus.

1.

La règle du mouvement

Levez-vous de temps en temps. Le corps reste fait pour bouger. Surtout en télétravail où on a tendance à s’oublier un peu trop, quand on est absorbé par sa tâche.

2.

Les pieds bien posés au sol

Pieds à plat au sol, genoux à 90°. Si vos pieds pendent, prenez un repose-pied.

3.

L’écran à hauteur des yeux

Le haut de l’écran au niveau du regard, à un bras de distance, évite la projection cervicale en hyperextension ou en hyperflexion.

4.

Avant-bras bien calés

Coudes à 90°, avant-bras en appui sur les accoudoirs ou sur le plan de travail. Soulagement immédiat des trapèzes, du plateau des épaules et de la nuque.

5.

Poignets neutres

Ni cassés vers le haut ni vers le bas. Repose-poignets si besoin.

6.

L’assise dynamique

Variez les positions, alternez assis/debout si possible. Le mouvement est la clé. L’utilisation de ballon, de sièges ergonomiques avec coussins d’antéversion ou soutien lombaire est intéressante.

7.

Hydratation

Les disques intervertébraux et les fascias en ont besoin. Misez sur la gorgée entre deux mails, entre deux actions. Si votre corps en réclame plus, écoutez-le, écoutez-vous, et prenez-en autant que nécessaire.

8.

Respiration consciente

La respiration consciente favorise la récupération. Cohérence cardiaque : 5 secondes pour inspirer, 5 secondes pour expirer, à réaliser de 6 à 30 fois (soit 1 à 5 min). Une à trois fois par jour pour libérer le diaphragme et rééquilibrer le système neurovégétatif.

9.

Le réveil cervical

Rotations douces de la tête et du cou en limitant l’hyperextension cervicale. Yeux fermés : pour favoriser l’engrainement articulaire des vertèbres du cou ; yeux ouverts fixant un point loin devant soi pour coordonner les muscles oculomoteurs et sous-occipitaux. De petits mouvements répétés sont bénéfiques pour libérer la base du crâne.

10.

L’activité hors bureau

30 min de marche quotidienne minimum. Le meilleur antidote à la sédentarité, c’est le mouvement, et tout ce qui permet de renforcer le muscle ne cesse de prouver les bénéfices qu’il apporte avec l’âge.

Questions fréquentes

Ce que les patients demandent.

Les interrogations qui reviennent le plus souvent en cabinet, sur la prise en charge des troubles musculo-squelettiques liés au travail de bureau.

01 Combien de temps assis par jour devient réellement dangereux pour la santé ? +

Les études convergent autour d’un seuil critique de 6 à 8 heures par jour en position assise sans interruption active. Au-delà, le risque de TMS, de lombalgies, de troubles cardiovasculaires et métaboliques augmente significativement. La sédentarité prolongée est aujourd’hui considérée comme un facteur de risque indépendant, comparable au tabagisme léger. Plus que la durée totale, c’est l’absence de micropauses qui pose problème : un travailleur qui reste 8 heures assis sans bouger souffrira davantage qu’un autre qui cumule 9 heures mais se lève toutes les 30 minutes.

02 L’ostéopathie peut-elle réellement traiter durablement les TMS ? +

Oui, à condition d’agir sur les causes et non sur les symptômes. L’ostéopathie a démontré son efficacité sur la lombalgie chronique non spécifique dans plusieurs essais cliniques randomisés, dont une étude française publiée en 2021 dans JAMA Internal Medicine. Pour les TMS au bureau, le traitement est durable lorsqu’il s’accompagne d’une correction ergonomique du poste de travail et d’une hygiène posturale adaptée. Sans changement de l’environnement de travail, les douleurs récidivent en quelques semaines, quelle que soit la thérapie.

03 À quelle fréquence consulter quand on travaille au bureau ? +

En l’absence de douleur, un suivi tous les 4 à 6 mois en prévention suffit pour la majorité des cas. En cas de douleur : 2 à 3 séances peuvent suffire. Les périodes de surcharge professionnelle (clôture comptable, lancement de projet, déplacements intensifs) justifient des séances ponctuelles.

04 Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ? +

Cinq signaux doivent être pris en compte : une raideur matinale qui met plus de 15 minutes à se dissiper, une douleur récurrente au même endroit en fin de journée, des fourmillements ou engourdissements dans les mains ou les doigts, une sensation de blocage en se levant ou en tournant la tête et la réduction d’amplitude d’un mouvement habituel (regarder par-dessus l’épaule, attraper quelque chose en hauteur). Tous ces signes traduisent une compensation qui s’installe : la consultation à ce stade évite la chronicisation.

05 L’ostéopathie est-elle efficace contre le syndrome du canal carpien ? +

Sur les formes débutantes à modérées, oui. Le travail manuel sur le rétinaculum des fléchisseurs, les os du carpe, les tensions musculaires de l’avant-bras et la chaîne cervico-brachiale apporte un soulagement significatif et peut éviter la chirurgie en amont. Sur les formes sévères ou évoluées (atrophie thénarienne, déficit moteur), l’avis chirurgical reste prioritaire. Il faut toujours coupler le traitement à une correction ergonomique (souris adaptée, repose-poignets, hauteur de clavier) sans laquelle aucune amélioration ne sera durable.

06 Quand consulter en urgence plutôt qu’en ostéopathie ? +

Toute douleur avec une très haute intensité doit alerter. La survenue de fièvre, la perte de force dans un membre, des troubles urinaires, une perte de sensibilité ou une douleur thoracique relève d’une consultation médicale en urgence. De même pour un traumatisme avec un bruit de craquement, un gonflement rapide ou une déformation visible. Pour les blocages aigus non traumatiques (lumbago, torticolis), des créneaux d’urgence sont disponibles au cabinet.

07 Combien coûte une consultation et est-ce remboursé ? +

Au cabinet Paris 7e : 90 € du lundi au samedi, 100 € le dimanche. Consultation à domicile : 150 €. Durée : 45 minutes environ. Une facture est remise systématiquement pour transmission à votre mutuelle. L’ostéopathie n’est pas prise en charge par la Sécurité Sociale, mais la majorité des mutuelles complémentaires remboursent partiellement les séances (de 25 € à 80 € selon les contrats, parfois 4 à 6 séances par an). Vérifiez votre contrat à la rubrique « médecines douces » ou « ostéopathie ».

Consultation

Votre corps mérite mieux que la souffrance.

Les meilleurs moments pour consulter en ostéopathie sont de venir avant un changement de rythme. Après les grandes vacances avec la reprise du travail, ou au printemps, alors que le corps faisait ses réserves en hiver et qu’il se met à nouveau en mouvement. Quand une gêne apparaît, qu’elle devient quasi-quotidienne avec une douleur qui récidive malgré le repos, ou qu’on se sent limité en amplitude, n’attendez pas. Plus la prise en charge se fait tôt, mieux le retour à l’équilibre et la récupération sont rapides. L’ostéopathie réduit les risques liés aux TMS et améliore durablement votre qualité de vie, votre bien-être et vos performances au quotidien[4,5].

Cabinet
1 square de Robiac
75007 Paris
Téléphone
Horaires
Lun. au Sam.
Urgences disponibles
Réserver sur Doctolib
L’auteur de cet article

Simon Israël Sellam, Ostéopathe D.O.

Cabinet Paris 7e · D.O. depuis 2005

Diplômé du Collège Ostéopathique Sutherland, Simon Israël Sellam exerce en cabinet privé dans le 7e arrondissement de Paris, 7 jours sur 7, de 8 h à 21 h. Spécialiste de l’accompagnement des troubles musculo-squelettiques, il accueille une patientèle de cadres, dirigeants et professionnels exposés aux contraintes du travail sédentaire. Approche globale, traitement sur mesure, action conjointe sur la posture, le stress et l’équilibre fonctionnel du corps. En savoir plus sur son parcours · découvrir le cabinet.

Appareil critique

Références médicales.

L’ensemble des données et affirmations médicales de cet article s’appuie sur la littérature scientifique et les ressources institutionnelles suivantes. Tous les liens sont cliquables et redirigent vers les sources originales.

Articles scientifiques

  1. Tersa-Miralles C, Bravo C, Bellon F, Pastells-Peiró R, Rubinat Arnaldo E, Rubí-Carnacea F. Effectiveness of workplace exercise interventions in the treatment of musculoskeletal disorders in office workers: a systematic review. BMJ Open. 2022;12(1):e054288. PubMed →
  2. Mahmud S, Md Hassan S, Mohammed Aljunid S, Md Akhir N, Md Sah S. The Ergonomic Association between Shoulder, Neck/Head Disorders and Sedentary Activity: A Systematic Review. Pain Res Manag. 2022;2022:4582731. PMC →
  3. Soroush A, Ziapour A, Abbas J, Jahanbin I, Andayeshgar B, Moradi F, Najafi S, Cheshmeh S. A systematic review of work-related musculoskeletal disorders and risk factors among computer users. Health Sci Rep. 2024;7(2):e1837. PMC →
  4. Nguyen C, Boutron I, Zegarra-Parodi R, et al. Effect of Osteopathic Manipulative Treatment vs Sham Treatment on Activity Limitations in Patients With Nonspecific Subacute and Chronic Low Back Pain: A Randomized Clinical Trial. JAMA Intern Med. 2021;181(5):620-630. JAMA →
  5. Licciardone JC, Aryal S. Recovery From Chronic Low Back Pain After Osteopathic Manipulative Treatment: A Randomized Controlled Trial. J Am Osteopath Assoc. 2016;116(3):144-155. PubMed →
  6. Licciardone JC, Brimhall AK, King LN. Osteopathic manipulative treatment for low back pain: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. BMC Musculoskelet Disord. 2005;6:43. PMC →
  7. Seeberg KGV, Andersen LL, Bengtsen E, Sundstrup E. Effectiveness of workplace interventions in rehabilitating musculoskeletal disorders and preventing its consequences among workers with physical and sedentary employment: systematic review protocol. Syst Rev. 2019;8(1):219. PMC →

Cet article a un caractère informatif et ne se substitue en aucun cas à une consultation médicale. En cas de douleur persistante, traumatique ou d’apparition récente, l’avis d’un professionnel de santé est indispensable.

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